La main douloureuse

Encre sur papier
21 x 27 cm (8 ¹/₄ x 10 ⁵/₈ inches)
1935-36

Provenance

– Collection Guy Lévis Mano, Paris
– Vendu au Centre Pompidou

Description

Dessin reproduit en phototypie par Duval pour la couverture et la page de titre de la monographie Okamoto de Pierre Courthion, GLM, Paris, 1937.

Œuvre en rapport :

La Main douloureuse, 1936, huile sur toile, 112 x 162 cm (Kawasaki, Taro Okamoto Museum of Art, anc. coll. de l’artiste).

– 17 janvier-24 février 1938, galerie des Beaux-Arts (Georges Wildenstein), Exposition Internationale du Surréalisme, Paris.

– 9 juin-24 septembre 1972, Le Surréalisme 1922-1942, musée des Arts Décoratifs, Paris, n° 327.

 

Artiste et intellectuel japonais, Taro Okamoto s’installe en 1929 à Paris, où il partage son temps entre une vie d’étudiant à la Sorbonne et la pratique picturale. À partir de 1933-1934, il participe au groupe Abstraction-Création, avant de concevoir en 1936, avec le peintre Kurt Seligmann la théorie du « néo-concrétisme » où dominent papillons, draperies, volutes et rubans d’étoffe. Cette année-là, il peint La Main douloureuse où un visage caché semble aspiré par un énorme nœud papillon, symbole chez lui de sa volonté de puissance et de sa soumission au principe du plaisir. Séduit par ce tableau, André Breton convie Okamoto à rejoindre les rangs du surréalisme.

Notre dessin à l’encre est contemporain de l’huile éponyme présentée aux cotés des œuvres de Dali, Ernst, Duchamp… dans la fameuse Exposition Internationale du Surréalisme de 1938 à la galerie des Beaux-Arts. Ces deux œuvres trouvent leur source dans le mythe d’Acéphale, inventé en 1936 par Georges Bataille et André Masson : Acéphale se serait sacrifié en se décapitant pour révéler le sacré (transcendant religions, partis politiques et mouvements d’avant-garde) et accéder à un nouveau mode de vie pure. Ce mythe, qui fait écho aux peintres zen du XIIIe siècle, prenait dans l’esprit d’Okamoto un sens particulier.

L’iconographie de La Main douloureuse est probablement liée à l’un des rites de la société secrète « Acéphale » qui consistait à entailler l’avant-bras des nouveaux adeptes avec le poignard que l’on voit, dans les dessins de Masson, dans la main gauche du dieu Acéphale. Un rite initiatique qu’Okamoto se vit lui-même infliger et qui semble à l’origine de notre dessin et du tableau.

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